Après la première édition en janvier 2024, Les Allumés du Jazz font Salon est à nouveau organisé au Mans, les 17 et 18 mai prochains.
A la façon des premiers salons du jazz en France, qui se sont tenus dans les années 1950 et 1980, l'association Les Allumés du Jazz (fondée en 1995) mettra à l'honneur la production discographique de ses membres et d'autres maisons de disques, pour proposer au public un aperçu actuel de la vitalité de la production indépendante en 2025. On pourra également entendre au sein de ce salon une nouvelle mouture du Jazz Composers Allumés Orchestra, faisant entendre des compositions originales de musiciens et musiciennes membres des Allumés du Jazz interprétées par des artistes manceaux. Différents concerts et ateliers émailleront l'ensemble du salon, qui prend place au sein du festival Jazz Tangentes, où les Allumés du Jazz organisent également le 16 mai avec leur partenaire Superforma une soirée à la Librairie de bandes dessinées Bulle, intitulée Trait pour Trait, où un débat portant sur l'inspiration musicale dans la Bande Dessinée sera suivi d'un concert dessiné. Enfin, le 18 mai, pour clôturer le salon ainsi que le festival Jazz Tangentes, bal du dimanche avec Petite Lucette.
16 mai - Bulle - Espace Bis
17 - 18 mai Chapelle de l'Oratoire (programme à venir)
Le 16 mai Les Allumés du Jazz, la librairie Bulle et Superforma vous proposent une soirée débat puis concert dessiné intitulé Trait pour trait.
D'innombrables pochettes de disques (Robert Crumb, Moebius, Tardi, Nicole Claveloux, Marjane Satrapi, Nathalie Ferlut, Jeanne Puchol...), attestent des attractions respectives de la musique et la bande dessinée. La musique - et le jazz en particulier - a servi de trame scénaristique à maintes histoires dessinées (Blutch, Roger, Alexandre Clérisse, Loustal, Guido Crepax, José Muñoz, Louis Joos, Juanjo Guarnido, Hervé Bourhis ...). Les musiciens ont souvent puisé dans le monde de la bande dessinée pour y trouver des idées musicales (Stéphan Oliva, Philippe Deschepper, John Zorn...). Sans compter le nombre de dessinateurs qui sont musiciens (Crumb, Zep, Romain Renard...), ou musiciens et musiciennes qui dessinent (Valérie Mille, Han Bennink..). Mais le lien entre le le récit musical et l'histoire dessinée est peut être encore plus profondément inscrit dans une histoire commune (parfois même un rejet commun) et une manière de scruter le monde d'un geste rythmé, d'un trait commun.
L'enrichissement de la musique par le dessin, dans l'évidence minimale de l'illustration jusqu'au vertige infini du déploiement des sens, possède son envers tout aussi riche : comment la musique intervient-elle dans le dessin ? Comment la musique de jazz, à peu près aussi jeune que sa camarade BD, fait-elle dessiner autrement ?
Yvan Delporte organisa des concerts de jazz dans le grenier d'un cinéma à Charleroi, part de swing qu'on retrouve intensément dans les pages du journal Spirou qu'il dirigea - comme Métal Hurlant, plus tard, avec le rock qui y vibrait. Au-delà des compagnonnages presque biographiques de ses musiques avec leurs BD (et réciproquement), le dessin est aussi affaire sonore : des onomatopées dont Maurice Lemaître tira un enregistrement lettriste sur un thème de bande dessinée jusqu'à la possibilité de faire écouter autrement Jimi Hendrix (Mezzo), Led Zeppelin (Johan de Moor), Billie Holiday (A.Dan et Hazard) ou même un jazz fictif qui ne demande qu'à se réaliser (Jop dans Jazzman). Quelles écoutes dans les dessins, se demandera-t-on en interrogeant, trait pour trait les correspondances comme les fécondes divergences du jazz et de la BD.
Participants :
• Christian Marmonnier (auteur avec Gilles Poussin de Métal Hurlant : La machine à rêver (1975-1987) )
• A. Dan et Hazard (dessinateur et auteur de Strange Fruit)
• Oiry (auteur et dessinateur de Les héroqs du peuple sont immortels)
• Stéphan Oliva (musicien : Gershwin avec Jean-Marc Foltz, dessins d'Emmanuel Guibert)
• Rencontre dessinée en direct par Efix
• Concert dessiné avec Lionel Martin : saxophones et Stéphane Levallois crayon