Artistes / Artists
Henri Texier
Musiciens / Musicians
Henri Texier, Aldo Romano, Joe Lovano, John Abercrombie, Steve Swallow
Label(s)
LABEL BLEU
"Izlaz" et "Colonel Skopje" ont été conçus comme un diptyque, deux éléments d'un même ensemble étant supposés se renvoyer l'un à l'autre, comme l'expriment les photos de Guy Le Querrec aux bains Szechenyi de Budapest...
On retrouvera ici ce monde à deux faces qui nous renvoie d'une certaine façon à ce qui se jouait au temps du vinyle.
Nous sommes en 88, Yalta est encore debout, mort debout mais personne ne le sait.
Au milieu du printemps Henri Texier débarque avec son commando Transatlantique (Joe Lovano, Steve Swallow et Aldo Romano) au détour de quelques festivals complices, les yeux battus par la route et l'insomnie.
Trois jours de studio et neuf titres plus tard, ils quitteront Amiens après avoir revisité les rapports Est/Ouest.
Le premier titre de l'album s'appelle Idemo, le dernier Izlaz (respectivement En avant et Sortie en yougoslave).
Ils reviendront mi-Juillet, soit deux mois et quelques concerts plus tard, Abercrombie a rejoint le groupe.
Après Sète, Vienne, Privas, Rennes et Nîmes le voyage doit se terminer ici.
Il Piacere apaisera la tourmente...
Je me souviens du coup de fil, de l'hôtel et de l'arrivée, des tensions, du bonheur aussi...
Fin de tournée, fin de partie, fin de siècle...
Nos sociétés ont peur du temps, faire des disques participe de cette peur, on ne convoque pas la musique, Francis Marmande aime à dire qu'elle arrive à ses heures.
Alors elle fut ponctuelle, et rien d'étonnant à ce que plusieurs des titres ici présents soient devenus les étendards d'une génération qui se cherchait quelques parrains libérateurs.
Au-delà des musiciens qui en suivirent les pistes, ce sont les salles aujourd'hui qui fredonnent au rappel Desaparecido.
Ce qui me frappe ici, c'est l'urgence intacte de cette musique, prise, comme hier ou ce matin, par Bruno Menny, collecteur hors du temps et du commun.
Un an séparera les deux mixages, parce qu'il fallait laisser le temps jouer avec les bandes.
Pas une minute, à ce jour, ne nous éloigne de ces deux albums.
Michel Orier